La génoise, signature des maisons provençales
Sur les maisons de village du centre ancien de Forcalquier, la génoise, cette corniche formée de plusieurs rangs de tuiles canal superposés en débord de façade, marque l’identité architecturale du bâti provençal. Au-delà de son aspect décoratif, elle joue un rôle technique précis : éloigner l’eau de ruissellement de la façade pour protéger l’enduit et les pierres de taille des remontées d’humidité et du ruissellement direct depuis le toit.
Avec le temps, les génoises se fissurent, s’effritent ou perdent des tuiles, un phénomène fréquent sur les façades exposées depuis des décennies aux cycles de gel et de dégel de l’hiver et au fort ensoleillement de l’été.
Comment une génoise est construite
Une génoise traditionnelle se compose de plusieurs rangs de tuiles canal, généralement deux ou trois, posées en encorbellement successif et scellées au mortier de chaux, créant un débord progressif qui protège le haut de la façade. Ce système, purement artisanal, demande un savoir-faire spécifique différent de la pose classique d’une couverture, car chaque rang doit être parfaitement aligné et solidement fixé pour supporter son propre poids en porte-à-faux.
- Deux à trois rangs de tuiles canal en encorbellement progressif
- Mortier de chaux pour sceller chaque rang entre lui et le mur
- Débord de façade qui éloigne l’eau de ruissellement du mur
- Rôle également esthétique, très identitaire du bâti provençal
Pourquoi les génoises se fissurent avec le temps
Le mortier de chaux qui maintient les tuiles en place vieillit sous l’effet répété du gel et du dégel, des écarts de température importants entre le jour et la nuit, et de l’exposition directe aux intempéries, la génoise étant par nature très exposée puisqu’elle dépasse la façade. Une fissure dans le mortier laisse ensuite pénétrer l’eau, qui gèle en hiver et élargit progressivement la fissure, jusqu’à fragiliser l’ensemble du rang concerné.
\nLes génoises à deux rangs et à trois rangs
\nLe nombre de rangs d’une génoise varie selon les maisons et selon l’époque de construction, deux rangs étant courants sur les bâtisses plus modestes tandis que trois rangs marquent souvent des façades plus soignées ou des bâtiments plus anciens du centre historique. Cette différence n’est pas qu’esthétique : un rang supplémentaire augmente légèrement le débord et donc la protection offerte à la façade, mais complique aussi la réparation en cas de dégradation, chaque rang devant rester solidaire des autres pour conserver sa résistance structurelle.
\nLes signes qui indiquent une génoise à surveiller
Une génoise en bon état présente un mortier continu, sans trou ni fissure visible, et des tuiles alignées sans décalage entre les rangs. Dès que des signes de dégradation apparaissent, une surveillance régulière, voire une intervention rapide, permet d’éviter la chute d’un fragment de tuile ou de mortier depuis une hauteur souvent importante sur les maisons de village à plusieurs étages.
- Fissures visibles dans le mortier de chaux entre les rangs de tuiles
- Tuiles descellées ou légèrement décalées par rapport aux voisines
- Mortier qui s’effrite au toucher ou tombe en poudre
- Taches d’humidité sur la façade juste sous la génoise
- Fragments de mortier ou de tuile retrouvés au pied du mur
Ce dernier point mérite une attention particulière en zone de passage, une génoise en très mauvais état pouvant représenter un risque de chute d’éléments sur la voie publique, fréquente dans les ruelles étroites du centre ancien de Forcalquier.
L’impact sur la façade en dessous
Une génoise dégradée ne protège plus correctement la façade contre le ruissellement, ce qui accélère la dégradation de l’enduit ou des joints de pierre en dessous. Sur une façade en pierre apparente, typique du bâti ancien, cette exposition répétée favorise à terme l’apparition de mousse ou de salpêtre sur les premiers mètres du mur, un signe indirect mais fiable d’une génoise qui ne joue plus son rôle protecteur.
\nVérifier après un hiver rigoureux
\nUn hiver marqué par plusieurs épisodes de gel intense, comme il en survient régulièrement sur le plateau de Forcalquier, accélère souvent la dégradation d’une génoise déjà fragilisée. Programmer une inspection au printemps, en même temps que la vérification générale de la toiture après la saison froide, permet de repérer les nouvelles fissures avant qu’elles ne s’aggravent pendant l’été sous l’effet du fort ensoleillement et des variations de température entre le jour et la nuit.
\nRéparer ou reconstruire une génoise
Selon l’étendue des dégâts, plusieurs niveaux d’intervention sont possibles. Une reprise ponctuelle du mortier, sur quelques rangs seulement, suffit souvent lorsque les tuiles restent en place et que le problème se limite à des fissures localisées. Lorsque plusieurs tuiles sont descellées ou manquantes sur une longueur importante, une reconstruction partielle ou complète de la génoise devient nécessaire, avec dépose des éléments dégradés et remontage à l’identique.
Ce travail demande une bonne connaissance des techniques traditionnelles de mise en œuvre du mortier de chaux et de l’encorbellement des tuiles, en particulier sur une façade classée ou située dans le périmètre protégé autour de la cathédrale Notre-Dame-du-Bourguet, où l’aspect d’origine doit être préservé à l’identique.
Une intervention souvent liée à la toiture elle-même
La reprise d’une génoise est fréquemment programmée en même temps qu’une rénovation de toiture, le faîtage, les rives et la génoise formant un ensemble cohérent en bas de pente. Traiter ces éléments ensemble permet d’assurer une continuité esthétique et technique, plutôt que de multiplier des interventions ponctuelles échelonnées sur plusieurs années.
Pour une inspection de vos génoises, l’équipe de Couvreur Forcalquier JML se déplace sur Forcalquier et les communes voisines. Appelez le 07 75 03 55 99 ou consultez nos pages génoises et faîtage et rives.


